One-Shot : Histoire fictive d'un seul chapitre.

Ce skyblog enchainera les O.S.


N'hésitez pas à me laisser votre avis,
même si le nombre de commentaires proprement dit ne m'interresse pas.
C'est surtout leurs avis que j'aimerais avoir.

Personnellement, je ne suis pas adepte des Happy Ends.
Après tout, pourquoi faire d'une fiction un conte de fées ?
Même s'ils sont dedans ...
Et puis, il parrait que quand j'essaye de faire quelque chose d'heureux,
C'est de la grooosse merde ! :$


Maintenant, je peux commencer.


# Posté le vendredi 22 mai 2009 12:52

Modifié le vendredi 22 mai 2009 13:24

« Elle les avait vu »

« Elle les avait vu »








16 ans, 16 ans qu'elle ne rentrait que rarement chez elle. 16 ans qu'elle avait fait de l'hopital sa maison. 16 ans qu'elle était né avec cette putain de mucovicidose qui la tuait à petit feu. 16 que les medecins essayaient de trouver un remède. 16 ans qu'elle gachait sa vie.











Elle restait là en se disant que s'il trouvait quelque chose sur elle, elle pourrait partir en paix, sauvant peut-être d'autres enfants semblables. Elle souffrait plus que tellement de gens. Pourtant, elle entendait souvent des cons se plaindre à la télé. Ou même des gamines dans son service qui n'avaient rien de grave mais qui disaient souffrir le martyre. Elle s'en foutait.
Sa seule amie était décédée l'an dernier, d'un cancer. Elles se connaissaient depuis un an. Un an qu'elle regardait souffrir son amie. Et vice-versa. Depuis sa mort, elle s'enfermait dans un mutisme affolant. Elle ne parlait que peu, et surtout à sa petite infirmière préférée.
Heureusement, elle avait son ordinateur, et sa musique. Elle avait découvert un groupe. Surement le meilleur qu'elle ait entendu. Tout du moins, à ses yeux. Apple Square. Deux mots. Un nom. Quatre membres. Un groupe. Un tout. Certes, ils n'étaient pas connus, mais elle se disait que ce n'était que le début. Quelques chansons seulement à leur actif, mais rien que la voix du chanteur l'égayait. Ce qu'elle préfèrait malgré tout restait la guitare. Ce matin encore, elle écoutait « Rien que Toi » quand l'infirmière entra dans sa chambre.

- Bonjour Alex. Comment tu te sens aujourd'hui ?
- Comme chaque jour. J'ai mal dormi. J'avais du mal à respirer ...
- Bon sang, pourquoi tu ne me bip pas ?!
s'enerva la femme.
- Claudie, je vais pas t'appeler à chaque fois que je respire mal ! J'ai l'habitude maintenant. Tu sais que quand je fais une crise, je t'appelle !
- C'est vrai ... Et tu comptes te laver rapidement ? Dans deux heures un concert bénévole est prévu dans le réfectoire. Ne m'engueule pas, je n'étais pas au courant avant tout à l'heure !
-Waaah ! C'est qui qui passe ?
sourit l'adolescente.
- Je ne sais absolument pas. Du Rock je crois.
- Ok je me prépare !


Elle vira Claudie et se rua dans la salle de bain. Elle décida de sortir les vêtements que sa mère lui avait offert il y a un mois. Un ensemble tellement simple, à son image. Debardeur noir, Jean gris, Converses. C'était amplement suffisant. Voyant son teint blanchâtre, elle se dit qu'il serait peut-etre temps d'utiliser le maquillage que sa cousine lui avait offert pour son anniversaire. Comme neuve, elle sortit de la salle d'eau, une heure et demi après son entrée. Elle se dirigea vers le réfectoire, comme prévu. Pourtant celui-ci était fermé. Elle attendit patiemment avec quelques autres personnes. Mathieu, Antoine et Laurie si elle se souvenait bien.
Quelques coups sur la batterie. Elle entendait chaque réglages, ne reconnaissant pas le groupe. Elle savait malgré tout que Claudie savait qui jouait, mais qu'elle ne lui dirait pas. Alors elle continuait son attente, qu'elle jugeait infernale. Les portes s'ouvrirent. Elle entra et s'assied face à la scène improvisée. Au premier rang, du côté gauche. Elle savait que la majeure partie du temps, le guitariste s'y plaçait. Elle sourit intérieurement. La lumière s'éteignit d'un coup. Son c½ur battait la chamade, pourtant rien n'avait commencé. Des gens se plaçaient sur scene, mais elle ne distinguait pas leurs visages.

- J'ai appris qu'ici, une personne était fan de nous. Cela nous touche énormément. Alors nous sommes là !! Un, deux... Un, deux, trois, quatre !

La batterie retentit, la guitare et la basse suivirent. Elle reconnut directement les premiers accords. Apple Square. Ils étaient là, face à elle, et elle ne réussissait pas à les voir. Son rythme cardiaque s'accélèrait de plus en plus. Les projecteurs mis en place pour le concert s'allumèrent d'un seul coup. Le premier visage qu'elle vit : celui de Thomas. Puis Martin. Son sourire s'agrandissait un peu plus chaque seconde, comme si elle allait se décrocher la machoire. Elle murmurait les paroles. Des flots de larmes lui devastaient le visage. Elle respirait mal. Elle voulu crier à l'aide, mais la musique couvrait sa voix faible. Martin tourna le regard vers elle, puis tout s'assombrit. La musique ne devint plus qu'un echo. Trou noir.

Elle se reveilla dans sa chambre et bipa directement Claudie. Encore un malaise. Ils devenaient trop fréquents ces derniers temps. Elle se remémora les quelques minutes de concert qu'elle put voir. Surement les seules de son existence d'ailleurs. L'infirmière arriva. Elle s'occupa bien d'elle, posant sur l'enfant un regard désolé. Alexia comprit que c'était elle qui avait demandé aux garçons de venir à l'hopital. Quelques coups retentirent à la porte. Sa mère ? Sa famille ? Non, ça faisait bien longtemps qu'aucun n'était venu quand elle faisait des malaises. Alors, qui ?
Claudie sortit brusquement, et laissa place à quatre jeunes garçons. Visiblement, ils avaient attendu son reveil. Elle tenta un sourire, mais ses yeux s'excusaient. Thomas s'approcha gentiment, et d'un geste rassurant, il lui pris la main.

- Salut. Tu nous as fait bien peur tout à l'heure. Ca va mieux ? demanda-t-il.

Elle inclina la tete, incapable de decrocher le moindre mot. Elle était totalement hypnotisée par les yeux du guitariste. Ils étaient tellement plus beaux en vrai. Elle avait l'impression qu'elle pouvait partir en paix maintenant. Elle les avait vu.

- Eh, j'ai l'impression qu'elle a un chouchou ! sourit Quentin.
- Ouais, je crois bien ! continua Thomas.

Elle rougit, mais était incapable de detourner le regard. Martin sourit et s'approcha d'elle. Il se pencha et l'embrassa sur la joue, tendrement. Elle esquissa un sourire pendant qu'un frisson la traversait. Ce soir, elle pouvait mourir, plus rien n'avait d'importance. Elle les avait vu.

# Posté le vendredi 22 mai 2009 13:04